Comment se place le rôle de uke dans la pratique ?

Considérons une quelconque technique et regardons la.
Elle va naître, puis se développer selon une trajectoire. Cela engendre un espace qui prend bien souvent la forme d’une sphère.
C’est un tout ...
Imaginons cette sphère en train de se déplacer, de rouler. Le haut et le bas vont prendre la place l’un de l’autre, s’inverser dans une parfaite continuité, dans un échange fluide.
Chacune des deux parties n’est que moitié de l’ensemble et ces deux éléments créent un tout qui existe en lui-même.
Ainsi, en Aïkido, les techniques sont toujours explorées alternativement sous deux angles: celui de Tori et celui de Uke.
Chacun peut devenir explorateur d’une partie de la technique, d’une partie de l’échange.
Ce sont deux « point de vues », deux regards complémentaires...pour chacun desquels nous consacrons une part égale de temps de pratique ...
« L’attaque et la défense sont des alternances du Yin et du Yang » O Senseï

Importance du rythme

Être à l’écoute du partenaire, suppose de connaître et de respecter notre rythme et celui de l’autre.
Mouvements fluides, saccadées, chaotiques ... Se déroulant lentement, rapidement... avec ou sans accélération, avec ou sans suspension ...
Le rythme, naît de l’alternance.
Le corps, lui même, est déjà dans les alternances ( inspiration-expiration, flexion-extension, tension-relâchement, compression-expansion ... )
Pour être « en rythme », il va falloir les percevoir et les laisser s’exprimer, en libérant le corps de l’inutile.
L’inutile, c’est tout ce qui freine le rythme dans son écoulement ( raideurs, volonté ...)
Le rythme est donc là, quelque part en nous. Avec le temps et l’expérience, il se régularise, il se fluidifie.
Il est aussi là dans la rencontre des forces. Par la recherche de réponses aux diverses propositions rythmiques de nos partenaires, nous le rendons malléable.
Plus il devient solide et ancré à l’intérieur de nous même, moins il est perturbé par l’attaquant puisqu’il s’adapte à celui-ci.
Espoir d’atteindre au calme ...
Parmi les techniques d'Aïkido, les kokyu nage illustrent parfaitement la notion de rythme. En effet, dans ces techniques, il y a absence de contrainte articulaire. Le déséquilibre du partenaire est obtenu presque uniquement par des jeux rythmiques : accélérer ( impulser )ou ralentir ( calmer ) l’attaquant, l’aspirer en devançant le temps ( anacrouse ), créer un vide, une suspension ( silence ) ...
Rythme personnel, rythme de l’échange et aussi rythme du groupe.
Ce rythme d’ensemble devient évident dans tous les moments où l’on est à l’unisson ( Respirations, kiais, déplacements, tsuburis ...). Il crée une dynamique commune, porteuse de puissance et d’énergie
Les percussions pendant un cours, d’armes par exemple, génèrent une dynamisation et sont un fabuleux outil pour concrétiser la régularité du rythme corporel.
 
« Le mouvement doit être effectué sans arrêt ni stagnation, vous devez simplement respecter le rythme, en devenant l’axe de votre propre sphère » O Senseï
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